
Entre le travail, les horaires d’école, les activités des enfants et tout ce qu’il faut gérer à la maison, les journées passent parfois à une vitesse folle. Et au milieu de tout ça, il y a les émotions, les disputes, les imprévus et ces moments où l’on se demande comment on va réussir à tout faire tenir dans une seule journée.
Être parent aujourd’hui, en Suisse comme ailleurs, demande énormément d’énergie. Et certains jours, on arrive simplement au bout de ce qu’on peut donner.
Peut-être que vous connaissez cette sensation ? Vous vous entendez hausser le ton pour une histoire de chaussures, vous répétez la même consigne pour la dixième fois ou vous vous couchez avec l’impression de n’avoir pensé qu’aux besoins des autres.
Et même lorsque tout le monde dort enfin, votre tête, elle, continue de tourner. Il faut penser au rendez-vous chez le pédiatre, au matériel pour l’école, aux courses, à l’organisation du lendemain…
C’est souvent à ce moment-là que la fatigue et la culpabilité s’installent.
Dans mon travail chez AEZ Parentalités, je rencontre des parents qui vivent exactement cela. Des mamans et des papas qui aiment profondément leurs enfants, qui veulent bien faire, mais qui n’en peuvent parfois plus de devoir tout gérer.
Mon rôle n’est pas de vous expliquer comment devenir un parent parfait. Je ne crois d’ailleurs pas que ce parent existe. Ce qui m’intéresse, c’est votre réalité, avec ses difficultés, ses contraintes et ses moments de bonheur aussi.
J’aimerais donc prendre le temps, dans cet article, de parler de ce qui se passe réellement derrière les tensions familiales, de cette fameuse charge mentale qui prend tant de place, et surtout de quelques outils simples que vous pouvez essayer chez vous pour retrouver un quotidien plus serein.
La charge mentale parentale : bien plus qu’une liste de choses à faire

On entend beaucoup parler de charge mentale. Mais derrière cette expression, il y a quelque chose de très concret que beaucoup de parents vivent sans forcément mettre de mots dessus.
Ce n’est pas simplement vider le lave-vaisselle, préparer les goûters ou accompagner les enfants à leurs activités.
C’est surtout devoir penser à tout, tout le temps.
C’est anticiper, organiser, vérifier, planifier. C’est avoir en permanence une petite liste qui tourne dans sa tête, même lorsqu’on est censé se reposer.
Ce travail invisible que connaissent bien les parents suisses
En Suisse, notre organisation familiale demande parfois une sacrée gymnastique. Entre les horaires scolaires coupés, les enfants qui rentrent manger à midi dans certaines communes, les activités et les solutions de garde, il faut souvent une organisation bien rodée pour que tout fonctionne.
Et derrière cette organisation, il y a une multitude de petites choses auxquelles quelqu’un doit penser.
Par exemple :
- Prendre rendez-vous chez le pédiatre à Fribourg suffisamment tôt pour avoir une place.
- Acheter les chaussures d’hiver avant l’arrivée des premiers flocons sur les Préalpes (petite pensée pour mes compères fribourgeois !).
- Faire attention aux émotions de chacun, vérifier que tout le monde va bien, écouter, rassurer… et parfois oublier complètement de se poser une question pourtant essentielle : « Et moi, comment je vais ? »
Toutes ces petites préoccupations finissent par prendre énormément de place.
Et quand notre tête est déjà pleine, notre patience n’est plus la même. On devient plus sensible au bruit, aux sollicitations, aux imprévus.
Alors ce verre de sirop renversé ou cet enfant qui refuse de mettre ses chaussures peut devenir la goutte de trop.
Pas forcément parce que la situation est grave, mais parce qu’on n’a simplement plus beaucoup de ressources pour y faire face.
Et si on arrêtait de vouloir être des parents parfaits ?
Il y a une autre forme de pression que je trouve particulièrement pesante : celle qu’on se met à soi-même.
Aujourd’hui, on entend beaucoup parler de parentalité positive, d’écoute des émotions, de communication bienveillante… Et ce sont des approches intéressantes. Mais parfois, à force de vouloir tout appliquer parfaitement, on finit par se rajouter une pression énorme.
Il faudrait toujours rester calme, trouver les bons mots, proposer des activités enrichissantes, ne jamais crier, être disponible émotionnellement et, bien sûr, continuer à assurer au travail et à la maison.
Mais qui peut réellement tenir ce rythme en permanence ?
Ce que je rappelle souvent aux parents que j’accompagne, c’est que leurs enfants n’ont pas besoin d’un parent parfait.
Ils ont besoin d’un parent présent, authentique, qui fait de son mieux.
Un parent qui peut se tromper, perdre patience parfois, mais aussi reconnaître son erreur et revenir vers son enfant pour réparer ce qui s’est passé.
C’est aussi comme cela que les enfants apprennent.
Accepter de ne pas être parfait, c’est déjà enlever un sacré poids de ses épaules.
Cette impression de devoir être disponible tout le temps
Il y a aussi une forme de charge mentale dont on parle peut-être moins : cette impression qu’en tant que parent, on devrait toujours être disponible.
Disponible pour écouter, pour jouer, pour répondre aux questions, pour consoler, pour accompagner les devoirs, pour gérer les conflits…
Et quand on prend enfin un moment pour soi, il arrive que la culpabilité s’invite.
On se dit qu’on devrait profiter davantage de ses enfants, qu’on n’est pas assez présent ou qu’on aurait pu faire mieux.
Mais être parent ne signifie pas devoir être disponible à chaque instant.
Vous avez aussi le droit d’être fatigué, de ne pas avoir envie de jouer, de demander quelques minutes de tranquillité ou simplement de prendre du temps pour vous.
Et cela ne fait pas de vous un parent moins attentif ou moins aimant.
Au contraire, apprendre à votre enfant que vous avez, vous aussi, des besoins et des limites fait partie de son éducation.
Vous pouvez très bien lui dire : « J’ai envie de passer du temps avec toi, mais là, j’ai besoin de me reposer un petit moment. On pourra jouer ensemble après. »
L’essentiel est de rester disponible affectivement, sans chercher à être disponible en permanence.
Vos besoins comptent aussi dans l’équilibre familial. Et prendre soin de vous, ce n’est pas enlever quelque chose à vos enfants.
Comprendre les conflits avec les enfants : qu’est-ce qui se cache derrière une crise ?

Quand un enfant se met à hurler, refuse de coopérer ou s’oppose à tout ce qu’on lui demande, notre premier réflexe est souvent de réagir à ce qu’on voit.
Et c’est normal. Surtout lorsqu’on est pressé, fatigué ou que la situation se répète pour la troisième fois dans la journée.
Mais dans mon accompagnement, j’aime inviter les parents à regarder un peu plus loin.
Parce qu’un comportement ne raconte pas toujours toute l’histoire.
Le cerveau d’un enfant, et même celui d’un adolescent, est encore en développement. Sa manière de gérer les émotions, la frustration et les consignes n’est pas celle d’un adulte.
Et comprendre cela peut vraiment changer notre façon de réagir.
L’iceberg du comportement : regarder sous la surface
J’utilise souvent l’image de l’iceberg pour expliquer ce qui se passe lors d’une crise.
Ce que nous voyons, c’est le comportement : un enfant qui crie, qui tape, qui refuse de parler ou qui s’oppose.
Mais sous la surface, il peut y avoir tout autre chose.
Une fatigue importante, une peur, un besoin d’attention ou une émotion qu’il n’arrive pas encore à exprimer avec des mots.
Voici quelques situations que vous reconnaîtrez peut-être :
| Ce que vous voyez | Ce qui peut se cacher derrière |
| Une grosse colère parce que le verre n’est pas de la bonne couleur | Une fatigue accumulée après une journée d’école |
| Un refus catégorique de faire les devoirs | Une peur de l’échec ou un manque de confiance en soi |
| Des provocations et une opposition presque systématique | Un besoin d’attention ou un réservoir affectif qui a besoin d’être rempli |
| Des disputes répétées entre frères et sœurs | Un besoin de trouver sa place dans la famille |
Cela ne signifie pas qu’il faut tout accepter ou ne plus poser de limites.
Mais avant de chercher à faire cesser un comportement, il est souvent utile de se demander : « Qu’est-ce que mon enfant essaie de me dire à travers cette réaction ? »
Cette simple question peut déjà nous aider à aborder la situation autrement.
Un cadre rassurant, ce n’est pas un cadre rigide
Comprendre les émotions de son enfant, c’est important. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter.
C’est d’ailleurs une confusion que je rencontre parfois autour de la parentalité bienveillante. Certains parents ont peur de poser des limites, de dire non ou de frustrer leur enfant, parce qu’ils ont l’impression que cela va à l’encontre de ses besoins émotionnels.
Pourtant, les enfants ont besoin d’un cadre. Ils ont besoin de savoir ce qui est permis, ce qui ne l’est pas, et de pouvoir compter sur des adultes qui restent cohérents dans leurs décisions.
Ce cadre doit être suffisamment structurant pour les sécuriser, mais aussi assez souple pour tenir compte de leur âge, de leurs capacités et des situations du quotidien.
Par exemple, votre enfant peut avoir le droit d’être en colère parce qu’il doit arrêter de jouer. Son émotion est légitime. En revanche, cela ne signifie pas qu’il peut taper ou jeter ses jouets.
On peut tout à fait lui dire : « Je comprends que tu sois fâché, tu avais encore envie de jouer. Mais je ne te laisse pas me taper. »
Accueillir une émotion ne veut pas dire accepter tous les comportements.
Et à l’inverse, poser une limite ne signifie pas manquer de bienveillance.
C’est cet équilibre que je trouve essentiel : être à l’écoute de son enfant tout en restant un repère solide et rassurant pour lui.
Pourquoi les enfants explosent-ils souvent en rentrant à la maison ?
C’est une situation que je rencontre très régulièrement lors de mes séances de coaching parental à Fribourg.
Vous récupérez votre enfant à la crèche, chez la maman de jour ou à l’école.
On vous dit qu’il a passé une excellente journée. Il a bien joué, bien participé, tout s’est très bien passé.
Et pourtant, une fois à la maison, c’est une autre histoire.
Une contrariété, un détail qui ne lui convient pas, et voilà qu’il se met à pleurer, à crier ou à s’opposer.
De quoi se demander ce qui a bien pu se passer entre l’école et la maison !
En réalité, votre enfant a peut-être passé sa journée à faire beaucoup d’efforts. Il a dû s’adapter à un environnement, respecter des règles, gérer ses frustrations et contenir certaines émotions.
Et lorsqu’il rentre chez lui, dans un endroit où il se sent en sécurité, toute cette tension peut enfin sortir.
C’est ce que j’appelle la période de décharge émotionnelle.
Ce n’est pas forcément contre vous que cette émotion s’exprime. C’est justement parce que votre enfant se sent suffisamment en confiance avec vous qu’il peut relâcher ce qu’il a retenu durant la journée.
Ce n’est pas toujours facile à vivre en tant que parent, je vous l’accorde. Mais comprendre ce mécanisme permet parfois de prendre un peu de recul et de ne pas vivre chaque crise comme une attaque personnelle.
Des outils simples pour retrouver un quotidien familial plus serein

Je suis convaincue qu’on n’a pas besoin de connaître tous les concepts de psychologie pour améliorer son quotidien avec ses enfants.
Bien sûr, comprendre ce qui se passe est important. Mais ensuite, il faut pouvoir faire quelque chose de concret avec ces connaissances.
Et surtout, il faut que ce soit applicable dans une vraie vie de famille, avec ses horaires, ses imprévus et ses journées parfois bien chargées.
Voici quatre outils que j’aime proposer aux parents.
1. La co-régulation : commencer par retrouver son propre calme
Vous avez probablement déjà remarqué qu’un enfant en colère ne se calme pas parce qu’on lui crie dessus encore plus fort.
Bien souvent, c’est même l’inverse.
Nos enfants sont très sensibles à notre état émotionnel. Les mécanismes de synchronisation émotionnelle, auxquels participent notamment les neurones miroirs, jouent un rôle dans la manière dont ils réagissent à nos attitudes.
Alors, lorsqu’une crise éclate, la première chose à faire n’est pas forcément de trouver immédiatement la bonne phrase.
C’est parfois simplement de prendre quelques secondes pour retrouver un peu de calme soi-même.
Je vous propose une méthode très simple : « Stop, Respire, Agis ».
- Stop : Arrêtez de parler ou de bouger pendant trois secondes. Juste le temps de ne pas réagir sous le coup de l’émotion.
- Respire : Inspirez profondément par le nez, puis soufflez lentement par la bouche. Cela aide votre corps et votre cerveau à retrouver un sentiment de sécurité.
- Agis : Mettez-vous à la hauteur de votre enfant, cherchez son regard ou un contact doux si celui-ci est bienvenu, puis adressez-vous à lui avec une voix calme.
Accompagner les pleurs plutôt que chercher à les faire disparaître
Il y a une chose que j’aimerais rappeler : un enfant qui pleure n’est pas forcément un enfant qu’il faut faire taire immédiatement.
Les pleurs sont aussi une manière d’exprimer une émotion, une frustration, une fatigue ou un besoin.
Et parfois, même lorsqu’on est présent, qu’on écoute et qu’on rassure, notre enfant continue de pleurer.
Cela ne signifie pas que nous faisons quelque chose de travers.
Notre rôle n’est pas toujours de faire disparaître l’émotion, mais d’aider notre enfant à la traverser.
C’est aussi cela, la co-régulation.
On peut rester près de lui, lui parler doucement, lui proposer un câlin s’il en a envie ou simplement lui montrer qu’on est disponible.
Par exemple : « Je vois que c’est difficile pour toi. Je suis là, tu peux pleurer. »
Et si vous avez parfois du mal à rester calme face aux pleurs, ne vous culpabilisez pas. Les pleurs peuvent être éprouvants, surtout lorsqu’on est déjà fatigué ou sollicité toute la journée.
L’important n’est pas de réagir parfaitement à chaque fois, mais de chercher, petit à petit, des façons d’accompagner votre enfant tout en respectant vos propres limites.
Un enfant peut pleurer tout en étant accompagné, écouté et sécurisé.
Cela paraît simple sur le papier, je sais.
Et dans le feu de l’action, ce n’est pas toujours évident.
Mais ce sont justement ces petits réflexes, répétés au fil du temps, qui peuvent faire une vraie différence.
2. Remplir le « réservoir affectif » de son enfant
J’aime beaucoup utiliser cette image du réservoir affectif.
Imaginez que chaque enfant possède un petit réservoir qui se remplit grâce à l’attention, à l’affection et aux moments de connexion avec ses parents.
Lorsqu’il est bien rempli, l’enfant peut se sentir davantage sécurisé et disponible.
Mais lorsqu’il manque d’attention ou de connexion, il peut chercher à en obtenir autrement, parfois à travers des comportements qui nous dérangent.
Après tout, pour un enfant, recevoir une réaction négative peut parfois sembler préférable à ne recevoir aucune attention.
Ce que je vous propose : consacrer 10 à 15 minutes par jour à chacun de vos enfants, rien que pour lui.
Pas besoin d’organiser une activité extraordinaire.
L’idée, c’est simplement d’être vraiment disponible pendant ce petit moment.
On laisse le téléphone de côté, on oublie la vaisselle et on évite d’en profiter pour parler des devoirs ou du rangement de la chambre.
C’est l’enfant qui choisit : un jeu de société, une histoire, un moment sur le canapé ou simplement une discussion.
Ce qui compte, ce n’est pas tant ce que vous faites que la qualité de votre présence.
Ces quelques minutes peuvent avoir un effet très positif sur la relation et contribuer à diminuer les tensions au fil de la journée.
3. Utiliser des supports visuels pour les routines
« Va te brosser les dents. »
« Tu as préparé ton sac ? »
« Mets tes chaussures, on va être en retard ! »
Et cinq minutes plus tard, on recommence.
Si ces phrases vous semblent familières, les routines visuelles pourraient bien vous simplifier la vie.
L’idée est de créer avec votre enfant un petit tableau qui représente les différentes étapes du matin ou du soir.
Vous pouvez utiliser des dessins, des photos ou des pictogrammes.
Par exemple, pour le matin : s’habiller, prendre son petit-déjeuner, se brosser les dents, préparer son sac et mettre ses chaussures.
Le plus intéressant, c’est de construire ce tableau ensemble, comme un jeu.
Votre enfant pourra ensuite suivre les étapes et les cocher au fur et à mesure.
Cela l’aide à gagner en autonomie, mais cela vous évite aussi de devoir porter toute l’organisation dans votre tête.
Et plutôt que de répéter une consigne pour la cinquantième fois, vous pourrez simplement lui demander :
« Tu en es où sur ton tableau des routines ? »
Un petit changement qui peut rendre les départs du matin beaucoup plus agréables.
Faire confiance à son enfant, c’est aussi l’aider à grandir
Les routines visuelles sont un bon moyen de développer l’autonomie des enfants. Mais au-delà des tableaux et des outils, il y a quelque chose qui me semble tout aussi important : la confiance qu’on leur accorde.
En tant que parents, on a souvent tendance à faire les choses à leur place. Parce que c’est plus rapide, parce qu’on est pressé ou simplement parce qu’on veut les aider.
Et je comprends très bien. Quand il faut partir à l’école dans cinq minutes, attendre que son enfant mette ses chaussures tout seul peut demander une sacrée dose de patience !
Pourtant, chaque petite occasion de faire par lui-même lui permet de développer ses compétences et sa confiance en lui.
Cela peut commencer par choisir entre deux vêtements, ranger ses affaires, préparer une partie de son sac ou participer à une tâche de la maison.
Bien sûr, on ne demande pas la même chose à un enfant de trois ans qu’à un enfant de dix ans.
L’autonomie se construit progressivement, en fonction de son développement, de ses capacités et de son rythme.
Et surtout, elle ne signifie pas qu’on laisse l’enfant se débrouiller seul.
On reste présent, on accompagne, on encourage et on accepte que les choses ne soient pas toujours faites parfaitement.
Faire confiance à son enfant, ce n’est pas attendre qu’il sache déjà tout faire. C’est lui laisser la possibilité d’apprendre.
4. Des consignes claires, adaptées et positives : aider son enfant à comprendre ce qu’on attend de lui
« Dépêche-toi, habille-toi, prépare ton sac et viens mettre tes chaussures ! »
Vous avez probablement déjà prononcé cette phrase un matin où tout le monde était en retard.
Et quelques minutes plus tard, votre enfant est toujours en pyjama, occupé à jouer avec quelque chose qu’il vient de retrouver dans sa chambre.
De quoi perdre patience !
Mais avant de penser qu’il ne nous écoute pas, il peut être intéressant de se demander si notre demande est réellement adaptée à ce qu’il est capable de faire.
Car donner une consigne à un enfant, ce n’est pas simplement lui dire ce qu’on attend. C’est aussi l’aider à comprendre ce qu’il doit faire et comment y arriver.
Des consignes ni trop longues, ni trop courtes
Une consigne trop longue, avec plusieurs demandes à la fois, peut rapidement devenir difficile à suivre pour un jeune enfant.
À l’inverse, une consigne trop vague comme « Prépare-toi ! » ne lui donne pas forcément suffisamment d’informations pour savoir par où commencer.
L’idée est donc de trouver le bon équilibre, en tenant compte de son âge, de son développement et de ses compétences.
Prenons l’exemple du manteau.
Plutôt que de dire simplement « Mets ton manteau ! » à un enfant qui apprend encore à s’habiller, on peut décomposer l’action :
- « Va chercher ton manteau. »
- « Maintenant, passe un bras dans la première manche. »
- « Super, essaie de trouver la deuxième manche. »
- « Voilà, maintenant on peut fermer la fermeture éclair. »
Avec le temps, l’enfant aura de moins en moins besoin de ces indications et pourra réaliser les différentes étapes tout seul.
C’est aussi comme cela qu’il développe son autonomie.
Demander quelque chose que l’enfant est capable de faire… tout en l’encourageant à progresser
On oublie parfois qu’une tâche qui nous paraît toute simple peut représenter un véritable défi pour un enfant.
Lui demander de ranger entièrement sa chambre, par exemple, peut être décourageant s’il ne sait pas encore comment organiser les différentes étapes.
On peut alors commencer par une demande plus accessible : « Mets d’abord tous tes livres sur l’étagère. »
Puis l’accompagner progressivement vers des tâches un peu plus complexes.
L’idée n’est pas de tout faire à sa place, ni de lui demander quelque chose qui dépasse complètement ses capacités.
C’est de lui proposer un petit défi qu’il peut réussir avec un peu d’effort et, si nécessaire, notre aide.
Cette légère stimulation lui permet de progresser, de prendre confiance en ses compétences et de ressentir la satisfaction d’avoir réussi par lui-même.
Dire ce qu’on attend plutôt que ce qu’on ne veut pas
Il y a aussi une habitude que je trouve particulièrement utile : formuler nos consignes de manière positive et orientée vers l’action.
Lorsqu’on dit « Ne cours pas dans le couloir ! », on explique surtout à l’enfant ce qu’il ne doit pas faire.
Or, pour les plus jeunes, il est souvent plus facile de comprendre une consigne qui indique directement le comportement attendu.
Par exemple :
- Au lieu de « Ne crie pas ! », essayez « Parle avec ta voix douce, s’il te plaît. »
- Au lieu de « Arrête de toucher à tout ! », dites « Garde tes mains dans tes poches ou le long de ton corps pendant qu’on attend. »
- Au lieu de « Ne jette pas tes affaires partout ! », préférez « Pose ta veste sur le crochet, s’il te plaît. »
Cela ne veut pas dire qu’il faut supprimer le mot « non » de son vocabulaire.
Simplement, plus votre enfant sait précisément ce qu’il peut faire, plus il lui sera facile de passer à l’action.
Expliquer pourquoi, plutôt que simplement exiger
Les enfants ont aussi besoin de comprendre le sens de ce qu’on leur demande.
Bien sûr, on ne va pas se lancer dans une explication de dix minutes chaque fois qu’il faut mettre ses chaussures !
Mais prendre quelques secondes pour expliquer pourquoi une consigne est importante peut favoriser leur compréhension et leur motivation.
Par exemple : « On range les jouets pour éviter de marcher dessus et pour les retrouver facilement demain. »
Ou encore : « On met son manteau parce qu’il fait froid dehors et que tu seras plus à l’aise pour jouer. »
Quand une règle a du sens pour l’enfant, elle peut devenir plus facile à accepter et à intégrer.
Laisser une petite place au choix
J’aime aussi proposer aux parents de donner à leurs enfants de petits choix, dans un cadre qu’ils ont eux-mêmes défini.
Par exemple : « Tu préfères mettre ton t-shirt rouge ou ton t-shirt vert ? »
Dans les deux cas, l’enfant s’habille, mais il a la possibilité de participer à la décision.
On peut faire la même chose avec les routines : « Tu préfères te brosser les dents avant ou après avoir mis ton pyjama ? »
Ces petits choix permettent à l’enfant de développer son autonomie et de se sentir davantage impliqué, sans remettre en question les limites importantes.
Et puis, il y a une dernière chose que j’aimerais rappeler.
Avant de demander à un enfant de coopérer, il faut parfois simplement prendre le temps de se connecter à lui.
Quand il est absorbé dans son jeu, crier une consigne depuis une autre pièce n’est pas toujours très efficace.
Approchez-vous, mettez-vous à sa hauteur, cherchez son regard et prenez quelques secondes pour entrer en relation avec lui avant de lui demander quelque chose.
Un contact doux, quelques mots ou simplement le fait d’être pleinement présent peuvent faire une vraie différence.
Parce qu’un enfant ne coopère pas uniquement parce qu’il a compris une consigne. La relation, le sentiment d’être écouté et la confiance qu’il a en l’adulte jouent aussi un rôle important dans sa motivation.
Et comme pour beaucoup de choses en parentalité, cela demande parfois de répéter, d’ajuster et de recommencer.
L’objectif n’est pas d’obtenir une obéissance immédiate à chaque demande, mais d’aider progressivement votre enfant à comprendre, à apprendre et à devenir plus autonome.
Cela ne veut pas dire qu’il faut bannir le mot « non » de son vocabulaire.
Simplement, plus une consigne est claire et concrète, plus l’enfant a de chances de comprendre ce qu’il doit faire.
Pourquoi se faire accompagner peut vraiment changer les choses

On trouve aujourd’hui énormément de conseils sur la parentalité.
Dans les livres, sur les réseaux sociaux, dans les podcasts… Il y a de quoi apprendre beaucoup de choses.
Mais il y a une difficulté que je constate souvent : ce qui fonctionne très bien dans une famille ne fonctionne pas forcément dans une autre.
Parce que chaque enfant a son tempérament, chaque parent a son histoire et chaque famille possède son propre fonctionnement.
C’est pour cette raison que je privilégie un accompagnement personnalisé.
En tant que coach en parentalité installée à Fribourg, je connais aussi les réalités de notre région : les rythmes scolaires, les structures d’accueil, l’organisation familiale et les contraintes auxquelles peuvent être confrontés les parents.
Que vous viviez en ville de Fribourg, en Singine, en Gruyère ou dans la Broye, ces réalités font partie du quotidien et méritent d’être prises en compte.
Le coaching parental : prendre soin de toute la famille
Je sais que certains parents hésitent à demander de l’aide.
Parfois, ils ont l’impression qu’ils devraient réussir à gérer seuls. Ou ils se disent que leurs difficultés ne sont pas suffisamment importantes pour consulter.
Pourtant, demander un accompagnement, ce n’est pas reconnaître un échec.
C’est prendre le temps de comprendre ce qui ne fonctionne plus et de chercher des solutions pour que chacun retrouve sa place et se sente mieux.
Lors de mes consultations à Fribourg ou en ligne, nous travaillons ensemble sur plusieurs aspects.
Retrouver de la complicité. Quand le quotidien est devenu une succession de consignes, de rappels et de conflits, nous cherchons comment redonner de la place au plaisir d’être ensemble.
Comprendre ce qui déclenche les tensions. Nous prenons le temps d’observer les dynamiques familiales et d’identifier les situations qui provoquent le plus de stress.
Alléger la charge mentale. Nous réfléchissons à la répartition des responsabilités dans le couple, aux priorités et à ce qu’il est possible de lâcher pour retrouver un peu d’espace.
Construire des outils adaptés à votre famille. Plutôt que d’appliquer une méthode toute faite, nous cherchons des stratégies qui correspondent au caractère de vos enfants et à votre rythme de vie.
L’objectif n’est pas de transformer votre famille en un modèle idéal.
C’est de vous aider à retrouver un fonctionnement dans lequel chacun se sent mieux.
Avancer à petits pas, sans vouloir tout changer d’un coup

Avant de terminer, j’aimerais insister sur un point.
Après avoir lu un article comme celui-ci, on peut avoir envie de tout essayer : modifier les routines, changer sa façon de communiquer, organiser des moments privilégiés avec les enfants, revoir la répartition des tâches…
Mais si vous essayez de tout mettre en place dès demain, vous risquez surtout de vous ajouter une nouvelle liste de choses à faire.
Et ce n’est vraiment pas le but !
Mon conseil : choisissez une seule action.
Celle qui vous parle le plus ou qui vous semble la plus facile à intégrer dans votre quotidien.
Essayez-la pendant une semaine.
Observez comment vos enfants réagissent, mais aussi comment vous vous sentez.
Il y aura peut-être des jours où cela fonctionnera très bien et d’autres où ce sera plus compliqué. C’est normal.
Il y a d’ailleurs quelque chose que j’aimerais rappeler à tous les parents : éduquer un enfant, c’est aussi répéter. Beaucoup.
Répéter les consignes, rappeler les limites, expliquer pourquoi certaines choses sont importantes, accompagner encore et encore les mêmes émotions.
Et parfois, on a l’impression de ne faire que ça !
Mais ce n’est pas parce que vous devez répéter une consigne que votre enfant n’apprend rien ou que votre manière de faire ne fonctionne pas.
Les enfants ont besoin de temps et de répétition pour intégrer de nouveaux comportements, développer leurs capacités et apprendre à gérer leurs émotions.
Ce qui nous paraît évident en tant qu’adultes ne l’est pas forcément pour eux.
Alors oui, l’éducation demande de la patience. Elle demande aussi de l’énergie, de la disponibilité et parfois beaucoup de créativité.
Et il est tout à fait normal de trouver cela fatigant.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais avoir à répéter, mais d’accompagner progressivement votre enfant vers davantage de compréhension et d’autonomie.
Et les jours où vous n’avez plus beaucoup de patience, rappelez-vous que vous aussi, vous êtes en train d’apprendre.
La parentalité n’est pas une ligne droite et il n’existe pas de recette magique.
Ce qui compte, c’est d’avancer à votre rythme, de continuer à apprendre à vous connaître et à comprendre vos enfants.
Et parfois, un tout petit changement suffit déjà à ramener un peu plus de calme et de douceur à la maison.
FAQ Parentalité : les questions que les parents me posent souvent
Mon enfant refuse de m’écouter et je finis toujours par crier. Que faire ?
C’est une situation que beaucoup de parents me décrivent lors de mes accompagnements à Fribourg.
Vous demandez quelque chose une fois, deux fois, trois fois… Et au bout d’un moment, le ton monte.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un enfant qui ne répond pas à une consigne ne cherche pas nécessairement à vous provoquer.
Son cortex préfrontal, qui participe notamment à la gestion des émotions, à l’attention et au contrôle des comportements, est encore en développement.
Lorsqu’il est fatigué, contrarié ou submergé par une émotion, il peut avoir beaucoup plus de difficultés à intégrer ce qu’on lui demande.
Une idée : plutôt que de répéter une consigne depuis la cuisine pendant que votre enfant joue au salon, allez vers lui. Mettez-vous à sa hauteur, posez doucement une main sur son épaule s’il accepte ce contact, puis donnez une consigne courte, claire et positive. Et si vous sentez que la colère monte en vous, accordez-vous trois secondes pour respirer avant de réagir. Parce qu’il est difficile d’aider un enfant à retrouver son calme quand on est soi-même en pleine tempête.
Depuis l’arrivée des enfants, la charge mentale crée des tensions dans notre couple. Comment mieux la partager ?
C’est un sujet qui revient très souvent.
Dans beaucoup de familles, l’un des deux parents finit par devenir le responsable de toute l’organisation.
C’est encore majoritairement le cas des mères, même si les pères prennent aujourd’hui une place de plus en plus importante dans la vie familiale.
Le problème, c’est que l’un se retrouve à penser à tout, tandis que l’autre attend parfois qu’on lui dise ce qu’il faut faire.
Et cela peut créer beaucoup de frustration.
D’un côté, il y a la fatigue de devoir tout anticiper. De l’autre, parfois, le sentiment de ne jamais faire les choses correctement ou de ne pas trouver sa place.
Une idée : essayez de sortir de la logique du « Tu peux m’aider ? ». Parce que cette phrase suppose déjà que la responsabilité appartient à une seule personne. Prenez plutôt un moment à deux, autour d’un café, sans les enfants si possible, pour faire le point sur toutes les responsabilités de la maison. Et surtout, répartissez des responsabilités complètes, pas seulement de petites tâches. Par exemple, si l’un des deux prend en charge les repas, cela comprend la planification des menus, les courses et la préparation. L’idée est que chacun puisse gérer certains domaines de A à Z, sans attendre systématiquement les consignes de l’autre. C’est une manière beaucoup plus efficace de partager réellement la charge mentale.
J’ai l’impression d’être constamment sur le qui-vive avec mes enfants. Comment retrouver mon calme ?
Vous connaissez cette sensation de ne jamais pouvoir vraiment relâcher la pression ? Même lorsque les enfants jouent tranquillement, vous restez attentif au moindre bruit, à la prochaine dispute ou à ce qu’il faudra gérer dans cinq minutes.
À force d’anticiper, d’organiser et de répondre aux sollicitations, notre corps peut finir par rester dans un état de vigilance élevé. On devient alors plus sensible au bruit, moins patient et parfois plus réactif à des situations qui, en temps normal, ne nous auraient pas autant affectés.
Et ce qui est intéressant, c’est que nos enfants sont eux aussi très sensibles à notre état émotionnel. Lorsqu’un parent est tendu, l’enfant peut percevoir cette tension et devenir à son tour plus agité ou inquiet.
C’est là que la co-régulation prend tout son sens. Avant de chercher à apaiser son enfant, il est parfois nécessaire de retrouver soi-même un peu de sécurité et de calme.
Une idée : commencez par repérer les signes qui montrent que votre niveau de vigilance augmente : les épaules crispées, la respiration courte, l’irritabilité ou cette impression de devoir tout contrôler. Quand vous les remarquez, essayez de ralentir quelques instants. Posez les pieds au sol, relâchez vos épaules, prenez quelques respirations lentes et regardez autour de vous pour revenir au moment présent. Vous pouvez aussi instaurer de petites transitions dans votre journée : cinq minutes de calme après le travail, un moment tranquille après l’école ou quelques minutes sans sollicitations lorsque c’est possible. Ces pauses ne font pas disparaître toutes les difficultés, mais elles peuvent aider votre système nerveux à sortir progressivement de cet état d’alerte. Et surtout, rappelez-vous que vous n’avez pas besoin d’être constamment en train de surveiller, d’anticiper ou d’intervenir. Lorsque l’environnement est sécurisé et que votre enfant dispose de l’autonomie adaptée à son âge, vous pouvez aussi lui laisser de l’espace.
Retrouver le calme, ce n’est pas perdre le contrôle. C’est apprendre à ne pas devoir tout contrôler en permanence.
Mon adolescent passe son temps enfermé dans sa chambre et ne veut plus me parler. Comment garder le lien ?
L’adolescence est une période de grands changements.
Le cerveau évolue, l’identité se construit et le besoin d’autonomie devient de plus en plus important.
Votre adolescent a besoin de prendre une certaine distance avec vous pour découvrir qui il est, ce qu’il aime et la place qu’il souhaite prendre.
Et même si ce retrait peut être difficile à vivre pour les parents, il fait aussi partie de son développement.
Cela ne veut pas dire qu’il n’a plus besoin de vous.
Simplement, la manière de maintenir le lien doit parfois évoluer.
Une idée : évitez de forcer les discussions, mais continuez à montrer que vous êtes disponible. Cherchez des occasions de partager quelque chose sans que la conversation tourne immédiatement autour des notes, des devoirs ou du rangement de sa chambre. Cela peut être un trajet en voiture, un repas qu’il aime particulièrement ou un moment où vous vous intéressez sincèrement à ses passions. Même si, entre nous, vous ne comprenez absolument rien à ses jeux vidéo ou aux vidéos qu’il regarde sur TikTok ! L’essentiel est qu’il sache qu’il peut venir vers vous, sans craindre d’être immédiatement jugé ou interrogé. Vous restez son point de repère, même lorsqu’il semble vouloir prendre ses distances.
Comment se déroule concrètement une séance de coaching parental chez AEZ Parentalités à Fribourg ?
La première chose que j’aimerais vous dire, c’est que vous ne venez pas pour recevoir une leçon sur votre manière d’éduquer vos enfants.
Il n’y a pas de jugement, pas de modèle familial parfait à atteindre et pas de recette qu’on vous impose.
Je vous accueille dans mon cabinet à Fribourg, dans un espace où nous pouvons prendre le temps de parler de ce que vous vivez réellement.
Nous commençons par faire le point sur votre quotidien.
Quelles sont les situations qui vous épuisent ? À quels moments les tensions apparaissent-elles ? Qu’avez-vous déjà essayé ? Qu’est-ce qui fonctionne, même un petit peu ?
Ensuite, nous cherchons ensemble à mieux comprendre les comportements de vos enfants, notamment à travers les connaissances sur leur développement cérébral et émotionnel.
Puis nous construisons des solutions adaptées à votre famille.
Cela peut passer par la mise en place de routines visuelles, de nouvelles façons de communiquer, une meilleure organisation familiale ou une répartition différente de la charge mentale.
Mon objectif est que vous repartiez avec des pistes concrètes, pas simplement avec des explications théoriques.
Des choses que vous pouvez réellement essayer chez vous, parfois dès le soir même.
Et si vous ne pouvez pas vous déplacer à Fribourg, les séances peuvent également se faire en ligne.
Parce qu’au fond, ce qui compte pour moi, c’est de vous aider à retrouver un quotidien familial dans lequel vous vous sentez mieux, vous aussi.
À propos de Anne-Eugénie Zinniker

Anne-Emmanuelle Zinniker (AEZ), je suis experte en parentalité et spécialiste de l’accompagnement des familles et du coaching parental à Fribourg, en Suisse.
Dotée d’une solide expérience sur le terrain et d’une approche profondément humaine, systémique et pragmatique, j’aide les pères, les mères et les couples parentaux à traverser les périodes de turbulence avec sérénité.
Loin des dogmes rigides, ma philosophie repose sur l’écoute active, le respect du rythme de chacun et la mise en place de solutions simples pour retrouver l’harmonie et le plaisir d’être ensemble au quotidien.
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